Les Gorges du Sègre

Parmi les objectifs de notre séjour dans la partie montagneuse des Pyrénées-Orientales, Nous avons prévu d’exécuter la boucle des gorges du Sègre près du village de LLo (prononcer Lio). Cette commune de 169 âmes se situe en Cerdagne et fait face à la station de Font-Romeu de l’autre côté de la vallée. Elle abrite les Bains de LLo qui propose notamment des baignades en eaux chaudes sulfureuses.

LLo héberge aussi la centrale solaire Ello. En effet, la Cerdagne est un des endroits de France le plus ensoleillé grâce à des conditions météorologiques particulières : climat sec, altitude assez élevée et éloignement des centres urbains garantissent une atmosphère particulièrement claire une grande partie de l’année. Elle est située à quelques kilomètres du four solaire d’Odeillo qui héberge un laboratoire CNRS, de la centrale solaire à tour Thémis et du four solaire de Mont-Louis, le premier de cette taille en service au monde en 1949.

La boucle est prévue pour 6 kms (en fait 7,680) avec un dénivelé positif de 269 m (de 1379 à 1638 m). Nous suivrons le balisage jaune pour ne pas nous perdre. Le départ s’effectue du parking vers les bains d’eau chaude du village, point de départ de la marche.

Le 1er km est dur, nous avons perdu l’habitude de monter ! Mais on prend bien le rythme et marchons à l’allure qui nous convient le mieux, on ne fait pas une course. Nous nous arrêtons de temps en temps pour prendre des photos de ce paysage grandiose. Ce n’est pas les Gorges du Tarn ni celles de Kakoueta, mais le site est « magnifaïk » !

Nous rencontrons un naturaliste certainement à la retraite qui engage la conversation sur les fleurs locales, notamment une variété d’orchidée sauvage que nous verrons plus loin sur les hauteurs, ainsi que ces petites fleurs jaunes qui deviennent oranges une fois butinées par les abeilles. Le type est un passionné qui veut partager son expérience et son savoir, un type bien, quoi. C’est une rencontre 100 % nature enrichissante et vraie, exactement ce que l’on recherche dans ce genre d’activité. On a regardé les fleurs d’une autre manière.

Ce chemin semi goudronné monte de façon régulière en suivant le Sègre, et finalement la pente n’est pas si raide, 6 à 8 % maximum. Au bout de 3,2 km nous arrivons au pont des Oubliés auprès duquel le naturaliste nous a conseillé un coin picnic. C’est ce que nous faisons n’oubliant pas de se mettre les pieds dans l’eau fraîche pour notre plus grand plaisir. Nous sommes à 1548 m, la chaleur est assez forte, aux environs de 30°, mais non pesante. De plus, la 1ère partie de cette montée s’effectue dans une partie souvent ombragée en longeant une falaise sur laquelle est aménagée une via ferrata impressionnante.

C’est beau, les bruits du ruisseau et du vent dans les arbres nous accompagnent, le top, quoi !

C’est là que nous quittons le bord du Sègre en prenant à gauche puis plus haut encore à gauche du Mas Patiras avec l’objectif d’atteindre l’ermitage de San Feliu à 1645 m. Le chemin est légèrement plus escarpé et caillouteux rendant la marche un peu plus difficile, mais très abordable.

L’ombrage n’est plus là mais un petit courant d’air nous évite le coup de chaud. Nous finissons par surplomber ce petit pic que nous avons contourné plus bas en longeant le Sègre et qui nous paraissait si haut.

On aperçoit rapidement cette hauteur au sommet de laquelle trône la chapelle de San Feliu. Elle est loin et proche à la fois. La vue est déjà majestueuse mais il paraît que là-haut, c’est plus que grandiose. C’est en fait le vrai but et le sommet de cette boucle que l’on se doit d’atteindre. Ne pas y aller serait une énorme erreur.

Il faut quitter le chemin principal et prendre ce sentier sur la gauche qui y mène. La montée, un peu plus raide, fait environ 200 m, mais la beauté du site justifie l’effort fourni.

Cette petite chapelle édifiée à partir du XIème siècle est en ruine, il ne reste que la base de l’enceinte et le fronton d’entrée.

L’endroit est saisissant de par cette vue à 360°. Nous dominons toute la Cerdagne avec en face Font-Romeu, en bas Saillagouse, et un peu plus loin l’enclave espagnole de LLivia.

Le Nikon fonctionne à plein depuis le début, j’ai monté mon 35 mm à focale fixe spécial paysage et panoramique, son agrandissement d’angle est le bienvenu. En y rajoutant un filtre polarisant, on doit pouvoir obtenir un rendu intéressant. Il faudra que j’essaye un jour avec un filtre ND4 ou 8 avec une journée aussi ensoleillée qu’aujourd’hui, les contrastes devraient encore mieux ressortir.

On redescend de ce promontoire pour rejoindre le chemin balisé et là, un panneau nous avertis que la descente vers LLo est courte, environ 900 m, mais très raide. En effet, le dénivelé négatif dépasse les 200 m soit une pente frisant les 25 %. Sur ce chemin extrêmement caillouteux, il convient d’être très prudent. Les pieds et les genoux sont très sollicités.

Prise dans l’autre sens, c’est la montée qui doit être fortement conseillée à quelqu’un qu’on n’aime pas, elle doit être tuante.

En bas, juste avant l’entrée dans le village, nous croisons un jeune de la région qui monte facile en tapant des SMS sur son portable. Il nous dit qu’il voit moins la difficulté ! Faut pas vieillir ! On engage la discussion sur les éventuels autres randonnées sympas dans le coin. Il nous conseillera les « Lacs du Carlit » et la « Chapelle Santa Maria de Belloch » située de l’autre côté de la vallée. Les lacs sont déjà faits, nous rajoutons donc la chapelle à notre liste.

En passant sous l’ancienne tour de guet Del Vacaro restaurée en 2003, nous continuons cette rude descente à travers le centre de LLo en enchaînant des ruelles et des escaliers aux larges marches de pierre et finissons par arriver à l’église Saint-Fructueux.

Cet église est mentionné la première fois au Xème siècle et son caractère roman date du XIIème. Elle est classée aux monuments historiques depuis 1932. Sa façade occidentale nous fait découvrir 2 cloches dont la forme leur a valu le nom des « Demoiselles », et c’est vrai qu’en les regardant bien…

Nous rejoignons le parking où notre priorité est d’échanger nos chaussures de marches par des baskets plus légères. Nos pieds nous remercient aussitôt !

La montre connectée indique que l’effort a été conséquent, avec un rythme cardiaque moyen aux alentours de 100. Il faut bien prévoir de faire un circuit, quelques soit sa difficulté, au bon tempo en fonction de ses capacités physiques. Ce n’est pas une course et il faut savoir prendre le temps d’admirer ce qui nous entoure, faune, flore ou géologie locales.

Cette randonnée est facile et mérite qu’on s’y intéresse. On remonte le cours du Sègre vers les contreforts du massif du Puigmal auquel on peut accéder en continuant toujours tout droit vers le refuge de la Culasse. En choisissant l’option de la chapelle San Feliu, on profite alors d’un panorama impressionnant sur la vallée et au fond le massif du Carlit. Bref, on ne peut que la conseiller.

Prévoir une durée minimum de 2h30 pour les rapides et au moins 1h00 supplémentaire pour profiter un maximum du lieu, cela en vaut la peine.

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